Dynamique de quelques secteurs économiques en 2017, en Roumanie (Perspectives et réalités)

Texte établi par Prof. univ. dr. Maria Dipşe, à partir des analyses réalisées par des spécialistes, dans l’intervalle juin – décembre 2017 : baromètres KeysFin, Cristina Bellu, Adrian Negrescu, Digi24, InfotravelRomania.ro.

La tendance positive de l’économie roumaine continue en 2017. Les investissements ont la chance de conduire au profit les affaires qui ont su se développer dans les domaines du commerce, le bâtiment, les services (et particulièrement l’IT), l’hôtellerie et la restauration – démontre une analyse réalisée par KeysFin, concernant les perspectives du milieu d’affaires de 2017.

Selon cette analyse, des 67.719 sociétés nouvellement créées l’année précédente, la plupart font du commerce (17.525) , 7 634 ont été créées dans les services, et 7 208 dans le bâtiment ; à cela s’ajoutent les transports et les services de dépôt (5873 sociétés), l’industrie de transformation 4 461, et enfin les hôtels et les restaurants 4 243.

Il y a une large palette d’opportunités d’investissements dans le commerce avec des produits agro-alimentaires, des boissons et du tabac jusqu’aux ventes de chaussures et vêtements. „Celui qui saura développer une offre alternative aux produits chinois — de vêtements et chaussures etc. — aura du succès à l’exportation” ont affirmé ceux de Keys FIN.

Comme les salaires ont commencé à augmenter en 2017 en Roumanie, les gens ont eu le courage de faire des emprunts bancaires. Compte tenu de la demande d’appartements dans les grandes villes, rapportée à l’offre, le secteur de la construction présenterait un taux élevé de profitabilité, d’autant que le Programme du Gouvernement « La Première Maison » reste en vigueur. L’Etat garantit 40% des emprunts octroyés par les banques, à condition que ces crédits soient dans une fourchette basse. « Sans doute la dynamique de ce secteur serait-elle affectée si l’Etat limitait ses garanties et les banques repensaient les conditions de financement », apprécient les spécialistes. Les constructions résidentielles ont augmenté de 51,4%.

Mais, au mois d’avril 2017 le secteur de la construction a baissé de 7,6% par rapport à mars et, par rapport à l’année précédente, la baisse est de 15%. L’ennui est que les investissements dans des projets publics — constructions industrielles, des travaux publics et institutionnelles — ont quasiment disparus.

Le baromètre montre que les investissements se dirigent aussi vers la zone des services. Les données financières des sociétés qui déroulent leur activité dans des domaines connexes aux services – ceux qui visent l’aménagement des intérieurs (meuble, électroniques, installations sanitaires etc.) – démontrent une profitabilité bien au dessus de la moyenne, ce qui rend les affaires de ce secteur, à côté de celles de la zone des services communautaires, intéressantes pour les investisseurs.

Un autre domaine aussi intéressant pour les investisseurs – dit le baromètre KeysFIN -, est l’agriculture : « 2016 a été la meilleure année pour la production agricole des derniers 10 ans et 2017 pourrait dépasser ce niveau. Il y a encore beaucoup de terrains agricoles où l’on peut développer des exploitations agricoles avec une profitabilité très élevée ».

Parmi les domaines qui ont stimulé l’intérêt des investisseurs s’inscrivent les affaires dans le tourisme, « Ils avaient enregistré déjà en 2016 une profitabilité significative, à la suite des conditions géopolitiques. Le littoral mais aussi les stations de montagne avaient attiré un nombre record de touristes, au même moment où la Turquie et la Grèce ont subi une baisse” apprécie KeysFIN.

Les destinations d’hiver à la montagne aussi bien que celles d’été ont enregistré en 2017 une hausse significative. Les réservations ont tourné autour de 90% d’occupation dans des hôtels et des pensions, ciblées dans les stations consacrées – Braşov, Sinaia, Azuga, Predeal — et dans des zones de campagne à traditions – Maramureş, Bucovina, etc.

Pour le Littoral de la Mer Noire et le Delta du Danube où l’activité spécifique commence d’habitude le 1-er mai, on a organisé des événements qui ont amené un flux élevé de visiteurs dans les magasins et les restaurants, durant toute la saison. Le nombre de touristes étrangers a augmenté grâce aux compagnies aériennes qui opèrent sur l’aéroport Mihail Kogălniceanu à 25 km de Constanţa, la plus grande station du Littoral de la Mer Noire.

Comme l’automne 2017 a offert des conditions de température généreuses pour les vacances, les commerçants et les agents de tourisme ont réduit les tarifs de moitié depuis le 1er septembre. Grâce à cette décision, le taux d’occupation pour les vacances de début de septembre à la mer a dépassé 90%, et a enregistré une croissance de 10 % par rapport à l’année précédente. Dans le Delta du Danube, non seulement le taux d’occupation a augmenté, mais aussi la durée du séjour : aux mois de mai – en juillet le taux d’occupation des hôtels du Delta a dépassé 80%, au mois d’août il a atteint presque 100%. Les bonnes prévisions se sont vérifiées aussi pour octobre et novembre.

Un potentiel élevé revient au secteur IT&C, surtout parce qu’il n’exige pas au démarrage des investissements élevés. « Internet devient indispensable à tous ». Toujours plus de Roumains ont compris les avantages des services en ligne, la preuve en est l’évolution des sociétés qui pratiquent l’E-Commerce en Roumanie” apprécient les spécialistes KeysFIN dans leur baromètre.

La Roumanie a quelques avantages importants qui continuent à attirer des investissements et qui génèrent un développement significatif. Ces années plusieurs hommes d’affaires étrangers ont choisi la Roumanie, laissant derrière quelques appréciations. Robert Knapp est un entrepreneur qui avait décidé de venir en Roumanie pour mettre les bases d’une jeune pousse (start-up). Appréciant la Roumanie comme un pays du tiers monde, instable et non développé – connu surtout pour ses personnages particuliers Ceauşescu, Dracula et Hagi – les amis de Robert Knapp lui ont dit qu’il était fou d’abandonner l’Allemagne et de commencer une aventure dans ce petit pays. Mais, dix ans après, Robert Knapp vendait CyberGhost à une compagnie israélienne pour la somme de 9,2 millions d’euros. Et le secret de son succès – disait-il – était la Roumanie-même. ” Nous n’aurions pas eu de succès ailleurs. Nous aurions fermé au bout d’un an et demi en Allemagne et de quelques mois, dans Sillicon Valley”. “Oubliez Sillicon Valley! Venez en Roumanie! ” a dit Knapp qui a fourni aussi quelques arguments.

En Roumanie :

  • les coûts sont moitié moins élevés qu’en Allemagne. Les employés roumains sont motivés, autodidactes et capables de s’adapter rapidement ;
  • les Roumains ont une véritable conscience professionnelle ; les Roumains parlent des langues étrangères ;
  • il y a un fort appétit pour le changement, ce qui est bénéfique aux start-up ;
  • les Roumains ont un esprit novateur particulier, le coût de la main d’œuvre, les salaires compétitifs représentent encore un avantage majeur en Roumanie, surtout dans le domaine de l’IT. Le salaire d’un jeune développeur part de 700 euros par mois, somme qui, conformément à une étude de Business Insider, est suffisante pour un standard de vie décent dans 7 des villes les plus importantes de Roumanie (Sibiu, Braşov, Oradea, Craiova, Timişoara, Arad et Laşi). Pratiquement, ces villes offrent une bonne qualité de la vie et, en même temps, l’un des plus bas niveaux des coûts du monde. Un exemple : si à Londres on gagne 4 500 livres sterlings par mois, en Roumanie il ne faut gagner que 1 365 pour avoir le même standard de vie.

Le dernier argument de M. Knapp semble le plus inattendu et fait allusion à l’éthique professionnelle des Roumains qui se réunissent pour protester contre la corruption, les changements fréquents du code fiscal et de lois pénales.

Voilà les raisons pour lesquelles l’Allemand recommande à tous ceux qui veulent démarrer une jeune pousse (start-up) dans le domaine IT de venir en Roumanie, au détriment des destinations consacrées Sillicon Valley, Londres ou Berlin.

Une étude publiée par techcrunch.com présente des données de Roumanie qui sont autant d’arguments en faveur des investissements en Roumanie. L’étude parle du climat macro-économique où :

  • les impôts sont bas (moitié par rapport à la taxation française, allemande ou italienne) ;
  • il y a des facilités fiscales pour les sociétés de l’IT ;
  • le profit réinvesti est exempté de taxes ;
  • le „Sillicon Valley de la Transylvanie” [zone comprise dans la courbe des Carpates] qui place la Roumanie parmi les 10 premiers pays du monde quant au nombre de spécialistes en IT (95.000) rapporté à une population d’environ 20 millions d’habitants; l’association roumaine pour l’Industrie Electronique et Software s’attend à ce que ce nombre soit 3 fois supérieur en 2020 ;
  • la moitié en sont des développeurs de logiciel dont plus de 90% parlent l’anglais ;
  • le système d’enseignement de Roumanie présente un avantage compétitif : depuis 2001, les Universités se situent chaque année dans le top 3, dans les compétitions de logiciels de l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers), la plus grande organisation internationale de « non-profit » qui appuie l’évolution des technologies se basant sur l’électricité ;

La Roumanie a en Europe le plus grand nombre de « champions » en informatique et en mathématiques. Elle se classe troisième pays dans le monde, après la Russie et la Chine ;

Le système d’enseignement est performant aussi dans le domaine technique, spécialement dans le développement de logiciels ; 

c’est moins cher de créer une entreprise en Roumanie qu’en Sillicon Valley, ce qui permet de lancer des recherches et des expérimentations à coût modéré ;

les jeunes pousse (start-up) de la zone IT ont l’avantage d’une vitesse de l’internet reconnue comme l’une des plus élevées dans le monde ;

« La Roumanie peut être une porte d’accès au marché unique européen » apprécie RISE Consortium , qui ajoute encore :
o les villes de Roumanie ont le rythme de croissance le plus élevé de l’Union européenne ;
o les villes de Roumanie deviennent toujours plus attractives pour les migrants et les navigateurs sur Internet ;
o presque chaque ville roumaine a construit une zone d’activités industrielle et de services, qui fait appel à une main-d’œuvre dépassant les limites administratives de la ville.

Mais les baromètres prévoient aussi des risques issus des décisions du Gouvernement qui malheureusement obscurcissent l’optimisme des hommes d’affaires, si l’on envisage que :

  • la croissance macro-économique élevée est basée sur la consommation, sur les importations et, en 2017, sur un déficit en hausse de la balance commerciale externe ;
  • 5 929 sociétés se trouvaient en procédure de faillite à la fin de l’année précédente, la plupart était du secteur du bâtiment, suivies de celles du secteur alimentaire et des transports. Les données statistiques montrent que la majeure partie des sociétés en faillite ont été des unités de petite taille. Des SARL avec un seul espace commercial, avec un volume réduit d’activité, les magasins de quartier. Il s’agit de sociétés qui avaient en moyenne de 7 à 9 ans d’activité lorsqu’elles sont entrées dans la procédure de faillite expliquent les analystes KeysFin ;
  • le cadre fiscal est instable, de nouvelles modifications dans ce domaine peuvent apparaître du jour au lendemain ce qui détermine certains investisseurs à remettre à plus tard les investissements pour élargir leurs affaires ;
  • les crédits bancaires deviennent plus chers ;
  • la hausse des salaires entraîne une pression sur les prix qui augmentent toujours et conduisent à l’inflation ;
  • la monnaie nationale – le LEU (RON) – se dévalorise par rapport à l’euro et au dollar ;
  • on constate, pour certains domaines, une crise de la force du la main d’œuvre spécialisée qui préfère partir travailler à l’étranger.

Les hommes d’affaires roumains souhaitent y voir plus claire et une simplification des documents pour obtenir des fonds européens, et la mise en place de mécanismes de stimulation.

Toutefois, la Roumanie croît et se développe grâce à l’habilité avec laquelle sont administrées ses villes, et grâce aux leaders du milieu privé qui ont su valoriser des opportunités au bénéfice de leurs communautés.

Maria Dipse
Février 2018

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